Salsa timba casino…..C’est quoi tout ça ?

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La salsa est à la fois un genre musical et une danse dont la naissance se situe au club Palladium de New York à la fin des années 50. Le nom de salsa, attribué par Fania Records, apparait en 1973 lors d’un grand concert au Cheetah à New york.

La timba est un genre musical né à Cuba à la fin des années 80.

Le Casino (nommé à tort en France salsa Cubaine) appelé primitivement « Rueda du Casino, puis Rueda de Casino et enfin Casino » est une danse crée à la moitié des années 50.

Préambule

Une chose est sûre, c’est que le point commun des trois est Cuba !
Il faut noter aussi l’inter-réaction d’influences entre les trois genres.

De nombreuses sources désignent le titre du son cubain « Echale Salsita » du Septeto d’Ignacio Piñeiro comme étant à l’origine du mot salsa. Or, si le son est bien l’ancêtre de la salsa, le mot salsa n’est pas encore utilisé pour désigner une musique, et dans ce morceau, il a juste la signification du mot espagnol salsa (“sauce”). C’est le public qui l’emploie pour que l’orchestre se “mette à chauffer”. De même employait-on le terme “jazz”. Les connotations étant tout à la fois sexuelles et culinaires.
Et malheureusement l’origine est due à un grand malheur : La traite négrière d’Afrique de l’ouest et centrale en direction des Caraïbes et de l’Amérique.

Le nombre d’Africains déplacés vers Cuba entre les années 1600 et 1880 est estimé à 760.000 dont 430.000 entre 1774 et 1840. Les origines de ces Noirs sont diverses : des Yorubas de l’ouest du Nigéria (surnommés Lucumís, Nagos ou Anangos à Cuba), des Bantous ou Bakongos du Kongo, des Ararás composés de différents groupes Kwas (Fons du Dahomey et du Nigéria et Ewés ou Eoués du Ghana et du Togo) et des Abakuás (surnommés Nañigos à Cuba) dont des Carabalís ou Bríkamo de Calabar, des Madingues du Ghana, des Efik Ibo du Dahomey, des Ejagham, des Ibibio… En 1825, l’île dénombre 46% de Blancs, 18% de non-Européens libres (métis) et 36% d’esclaves.

Bien que certaines traditions musicales Africaines furent perdues après avoir été transplantées aux Caraïbes, beaucoup se perpétuèrent jusqu’à nos jours.

Ces traditions Africaines incluent :

 

  • Des chants question-réponse (antiphonaux) dans lesquels des lignes improvisées par le chanteur solo reçoivent une réponse chorale fixe.
  • Une polymétrique telle que des métriques doubles ou triples jouées simultanément.
  • Une polyrythmie qui inclut des syncopes et des surimpositions de différentes parties, avec toutefois une pulsation qui tend à diviser les cellules en deux ou quatre temps.
  • Des gammes pentatoniques et non européennes, particulièrement en respect des lignes vocales improvisées qui contiennent des inflexions ornementales.
  • Le développement et la création de nombreux instruments, aussi bien de percussions et mélodiques.
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Traite négrières Afrique vers Amérique

Le mélange de la culture Africaine et occidentale, Espagnole, Française ont donné naissance très tôt à différents types de musique, la rumba et le son en 1800, qui se popularisent dans les années 20, le danzon, puis le mambo et plus tard le latin-jazz. Les musiques ne cessent d’évoluer et continuent à immigrer ainsi que leurs musiciens jusque dans les années 50. Dans les années 40 et 50 de nombreux artistes latins se produisent aux USA et en particulier à New York, un petit peu aussi en Europe. Les échanges entre Cuba, le pays le plus riche d’Amérique du sud, New York et le reste des Caraïbes sont à leur apogée.

La révolution Cubaine a commencée en juillet 1953 et le 1er janvier 1959, les révolutionnaires renversent le régime du dictateur Batista et implante le premier gouvernement communiste du continent, Fidel Castro en imposera son leader cheap et imposera sa propre dictature.

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Les révolutionnaires défilent à La Havane
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Fidel Castro et celui qui aurait dû être Président

Les relations avec les Etats-Unis se compliqueront allant jusqu’à l’embargo économique de l’île (jusqu’en 2016) qui se repliera sur elle-même culturellement.
Cet événement, changera le cours de l’histoire et l’évolution musicale. Pour le meilleur et pour le pire, rien ne sera plus comme avant. Il faudra désormais compter sans l’énorme richesse culturelle dont Cuba avait été la source, pendant quelques décennies.

Salsa :

La révolution Cubaine engendre une migration massive de musiciens cubains, sur l’île proche de Puerto Rico, déjà commencée en 1952,

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Les Caraïbes

et plus spécialement à New York dans le quartier appelé le Spanish Harlem.

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New York, Manhattan, quartier Spanish Harlem

New york voit défiler plusieurs modes venues de Cuba :
• le son cubain en 1928
• le mambo en 1949 (après avoir transité par le Mexique)
• le cha-cha-cha en 1954
• la pachanga en 1964,
• le boogaloo en 1966 (proche du rhythm’n’blues, influencé aussi par le latin jazz), destiné à contrer la musique des Beatles et donnant aux latinos des Ėtats-Unis l’occasion de se rapprocher de la culture rock et de s’éloigner de celle de leurs parents. De cette évolution naîtra ce qui s’appelera plus tard « la salsa » à New York.

Dans les années 60 et 70 la vie nocturne des musiciens de la diaspora latine est intense à New York . L’évolution du mambo (issu du son et du Danzon Cubain) par l’apport du chachacha, boogaloo swing, rock’n’roll, twist rythm’n’blues amènera une nouvelle forme musicale associée a une nouvelle danse au sein de la communauté hispanophone. Pendant les années 70 cette musique et la danse associée deviennent populaire grâce à des maisons de disques (notamment Fania Records) à des émissions de radio et de télévision aux Etats-Unis. Fania Records qui, à l’occasion d’un grand concert de la Fania All Stars au Cheetah en 73 nomme cette musique et cette danse : salsa (qui signifie « sauce » pour préciser tout ces mélanges de styles).

Entre les années 70 et les années 80 cette musique salsa et la danse se répandent partout aux USA et peu après dans le reste du monde.
Incontestablement l’origine de la salsa en tant que style musical propre se trouve à New York et le label Fania en est le principal producteur. Si la salsa est bien la petite-fille des styles musicaux cubains et portoricains, elle est surtout la fille du boogaloo du Spanish Harlem. La salsa devient un rythme symbole identitaire de tous les latinos, de New York aux Caraïbes. Elle retourne ainsi à Cuba et Porto Rico, entre autres. La Colombie s’appropriera cette musique au point de faire, dans la fin des années 1980, de Cali, la capitale mondiale de la salsa.

La salsa en Europe

L’immigration Cubaine en Europe (à Genève et Paris au milieu des années 80) importe le Casino en tant que danse, et se répand très vite .
On assiste ensuite à l’émergence d’une mode de la Cubaine dansée, qui se transforme en déferlante à partir du milieu des années 1990. Ceci se traduit par une floraison de lieux de danse à Paris où la pratique de la Cubaine est tout d’abord éphémère, comme La plantation, Sabor a mi, Le Shérazade, le Tapis Rouge, l’Orée du bois, et par une multiplication des soirées et des concerts animés par de grandes vedettes étrangères (Oscar d’Léon, Ruben Bladès, Fania All stars au Zenith en 1998)
Jusqu’en 2000 il y a un seul style. Mais entre 2000 et 2001 un nouveau courant arrive en France des Etats-Unis et il est vite appelé salsa portoricaine (le style déjà existant est ainsi appelé salsa cubaine pour le distinguer). La salsa portoricaine, minoritaire, se répand assez vite, notamment chez les profs de danse de salon en place grâce aux congrès internationaux (la mode des Congrès a été lancée en 1996 avec le fameux congrès mondial de Porto Rico, qui est vraisemblablement à l’origine du nom “salsa portoricaine”). Aujourd’hui, bien qu’il n’existe pas de statistiques officielles, on peut vraisemblablement affirmer que la salsa portoricaine est bien implantée dans le monde entier (même si en France et à Genève la cubaine reste majoritaire).
En réalité les termes de salsa cubaine et portoricaine ne sont pas exacts et ne sont employé qu’en France. En effet, si celui de salsa cubaine (en réalité Casino) est un peu réducteur, celui de salsa portoricaine est pratiquement faux. La salsa cubaine, telle qu’elle est dansée en Europe, est bien celle que dansent les jeunes cubains (et qui ne l’appellent pas “salsa” mais “Casino”. Le terme “salsa portoricaine” est un nom générique pour indiquer la salsa dansée en ligne, qui est née et a été importée en Europe depuis les Etats-Unis.

Salsa style :

Il y a en particulier 3 courants principaux :

Le New York style,
Une évolution du Mambo (dont le style est fluide et harmonieux) dansé à contretemps (dit “on 2“)

le Los Angeles style,
Version plus acrobatique, dont le style est explosif et dynamique dansé sur le temps fort (dit “on 1“sur le 1er temps comme le Casino, la salsa cubaine). De plus, la salsa portoricaine peut être influencée par différents styles, tel les danses hip-hop, la danse classique, les danses de salon, le rock’n’roll, etc.

La Colombienne,
La Colombienne est née à Cali. C’est la plus commune en Amérique Latine si bien que Cali est considérée comme la capitale mondiale de la salsa. On y trouve de nombreuses académies de danse et de discothèques dédiées à cette musique. La salsa colombienne est un mélange de rythmes divers tels le boogaloo, la pachanga et les danses folkloriques colombiennes comme la cumbia. Dans ce style, où les danseurs sont très proches, c’est l’esthétique et le caractère qui prime avant le mouvement ou les figures. Il met en valeur les jeux de jambes rapides et dynamiques « façon » twist.

En ce qui concerne Porto Rico, il faut savoir que dans les années 70 on y dansait un style qui était très proche du Casino cubain. La danse en ligne n’est arrivée que par la suite, grâce à de nombreux portoricains qui l’ont apprise à New York et l’ont introduite dans leur pays. Le style qu’on danse aujourd’hui en Europe devrait donc s’appeler “salsa en ligne” ou “salsa nord-américaine”, mais on comprend facilement que parler d’un pays latino lorsqu’on parle de salsa plaise davantage aux européens…

Casino

“À la fin des années ‘40 les ruedas (roues) apparaissent comme une nouvelle variante dans le chachachá, et la population cubaine les nomma « chachachá en rueda ». Elles étaient dirigées par un homme connu pour son adresse dans la danse, au moyen d’un signal, préalablement connu des danseurs, des combinaisons de passes et d’autres figures inventées à cette fin. Parmi les figures traditionnelles du cha cha chá on note : « vuelta al hombro » (tour à l’épaule), tour de la fille autour de l’homme et le paseo ( promenade ).

La rueda de chachachá a aussi constitué un apport chorégraphique enrichissant et révolutionnaire dans la danse cubaine. Dans les années 50 ce phénomène du cercle de couples commence à être reproduit, mais alors pour d’autres styles à la mode, avec un pas et un style très proche du « son » urbain ; des changements fréquents de partenaires sont introduits, rendus possibles par des mouvements de décalage des danseurs ou des danseuses au sein de la ronde. Une soirée mémorable au cours de laquelle le grand Benny Moré lui-même dirigea la ronde depuis son pupitre de chef d’orchestre, marquant la consécration de cette nouvelle danse, bientôt imitée dans de nombreux autres clubs de La Havane au début on l’appela rueda du casino en raison du lieu car. l’événement s’est produit d’abord dans le Club Casino Deportivo de La Havane,

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Casino Deportivo

où les danseurs se retrouvaient le dimanche, devenu ensuite en 1992 le Cercle Social Ouvrier Cristino Naranjo puis le” Cercle des Boursiers”. Mais avant même le Casino Deportivo, il y avait un autre lieu où l’on dansait déjà la Rueda, qui s’appelait le club San Carlos, tout près de ce qui est aujourd’hui le Restaurant 1830.

Cette création plut à la jeunesse de l’époque et fut imité par les danseurs dans d’autres clubs nautiques du quartier Playa, et plus tard dans d’autres sociétés de la capitale cubaine. Dans ce processus dynamique on a commencé à diffuser la phrase “allons faire la rueda comme dans le Casino” ; ou “allons faire la rueda du Casino” ; il en restera par réduction l’appellation de “casino” par quoi on a identifié plus tard le nouveau style de danse. On peut noter l’essor de cette nouvelle danse dans le Cuba post-révolutionnaire des années 1960 et 1970. La nationalisation des cabarets, transformés pour beaucoup d’entre eux en lieux de loisirs pour les « travailleurs », gérés par les syndicats, ainsi que la multiplication des établissements d’enseignement supérieur où la danse a droit de cité, ouvre alors des espaces nouveaux à la pratique de la danse populaire, mêlant jeunes étudiant et public d’âge adulte.. De nombreuses Rueda de casino y sont créées, dont certaines, comme la Rueda del Patricio ou la Rueda del Oso, acquièrent rapidement un grand prestige par la virtuosité de leur danse et leur inventivité en matière de figures. Certaines figures charismatiques de l’époque, comme le danseur Rosendo, qui après avoir dirigé la prestigieuse Ruedo del Patricio, contribua pendant de nombreuses années à la diffusion du nouveau style en participant à l’animation d’une émission de télévision très écoutée, « Para bailar ».

Aussi cette époque, marquée par une large diffusion de la Rueda de Casino et une progression spectaculaire de son niveau technique et de sa richesse chorégraphique seront comme un véritable « âge d’or » de cette danse.

Le rock and roll, puis le twist à la mode dans les années 50 et 60, a aussi laissé des traces dans le casino, le pilon et le mozambique aussi mais dans une moindre mesure. Cette forme de danse, avec son style spectaculaire caractéristique, avait une grande quantité d’éléments acrobatiques et passes de couples. D’autres aspects comparables des deux danses en question sont : la figure ‘pá ti, pá mi’ (ouvrir et fermer du couple) ; les tours enchaînés avec des bras reliés sans être détachés et la similitude dans les temps avec lesquels on marque le pas.

Dans les premiers temps, le casino a été dansé simultanément en rueda au préalable organisée et essayée dans des cercles amis, familiaux ou avec les personnes présentes et en danse de couples indépendants.
La nécessité de mettre en œuvre des chorégraphies et de divertir les spectateurs a provoqué l’apparition de nouvelles conceptions spatiales. Il a été ainsi rendu indispensable de nommer chacune des figures, combinaisons de passes, gestes et directions, pour pouvoir les exécuter à l’unisson et, surtout, de comprendre l’appel du guide appelé El Cantor (le chanteur). Entre les passes et les figures plus importantes qui ont été conservés au cours de leur évolution par les générations de danseurs, on a : setenta (« soixante-dix »), la prima, enchufla, paseo, la rosa (« la rose), yogurt, trencito (« petit train »), arriba (« en haut »), abajo (« en bas »), sombrero (« le chapeau »), pelota, pelota loca,dame, dame dos,arriba etc etc

Le casino apparaît ainsi dans une atmosphère d’intégration de styles, variantes ou des modalités jouissant d’une grande réputation populaire à la fin des années ‘50. Parmi les plus importants, le « son » la rumba et le cha cha chá. On n’attribue pas un type musical spécifique à la danse casino, au long de toutes ces années où il est resté le favori dans le goût et la popularité des danseurs, on l’a interprété avec tous les styles et variantes musicales à la mode à Cuba qui, par leur schéma rythmique ou tempo musical permettaient d’effectuer le pas de base. L’appellation de style casino a été choisie par les danseurs eux-mêmes pour désigner le nouveau phénomène dansant depuis les premiers indices de sa création, dans un processus de développement organique, intégrateur et anonyme. Le Dilequeno, pourtant aujourd’hui considéré comme un pas fondamental du Casino, ne fut pas introduit aux tout débuts de la Rueda de Casino, mais seulement au cours de la période immédiatement postérieure, entre 1960 et 1980.

Il ne faut pas cacher cependant pas les difficultés rencontrées, au cours des années 1960, par la musique populaire cubaine, déstabilisée par la fermeture des cabarets et night-clubs qui constituaient à la fois la principale source de revenu des musiciens et leur forme de contact privilégiée avec le public. La politique culturelle du gouvernement révolutionnaire favorisant les danses traditionnelles comme le son, la rumba et les danses de la santeria. Le public jeune se tourne alors vers des genres étrangers, comme le Rock’ roll, qui laissent aussi leur marque sur l’esthétique de la Rueda de Casino. Pendant une vingtaine d’années en gros de 1965 à 1985 la rueda de casino tout en étant toujours dansé par de petits groupes va rentrer dans une phase de sommeil.

Timba

Le mot timba fait partie d’une large famille de mots issus des familles de langues africaines ìmbî et ìngî (tumba, rumba, marimba, kalimba, mambo, conga, charanga, bongo…) En argot cubain, timba veut dire nouveau et Temba, vieux. Déjà en 1943, on trouve ce mot dans des titres ou des paroles de chansons, comme Timba timbero de Casino de la Playa ou Timba de Perez Prado. Jose Luis “El Tosco” Cortes, directeur de NG La Banda. Adalberto en 1978 à Santiago de Cuba  fonde Son 14 avec cette ambition viscérale de défendre le Son depuis son berceau, fort de 14 jeunes musiciens talentueux venu de toute l’ile. Tout en conservant le patron musical traditionnel du Son, Adalberto expérimente de nouvelles harmonies et sonorités afin de s’ouvrir de nouveaux horizons, mais aussi d’autres comme eux, revendiquent d’avoir été le premier à utiliser ce mot pour désigner ce nouveau genre musical.

Timba
Histoire de la timba – graphique par Kevin Moore

Beaucoup de groupes de timba ont gardé l’ensemble traditionnel de charanga des années 1940, qui inclut basse, congas, claves, piano, violons, flûte mais modernisé avec une batterie (au moins la grosse caisse), un synthétiseur, parfois une guitare électrique, et une section cuivres (trombone et trompettes comme en salsa et peut inclure des saxophones).

Durant la “Période Spéciale”, la Timba devient une forme d’expression. Elle côtoie le Rap et continue d’évoluer avec l’introduction de plus en plus fréquente de refrains rappés ou mixés avec des effets électroniques et des beats venus de la musique techno.

Les thèmes deviennent de plus en plus contestataires, vulgaires, violents et souvent machistes. Les jineteras (prostituées) sont promues au rang de symbole de la lutte individuelle pour la survie. La provocation devient une recette pour obtenir un succès facile. Après la “Période Spéciale” de 1993 durant laquelle les cubains ont connu la disette suite à l’effondrement du mur de Berlin et à l’arrêt de l’aide économique du grand frère russe, les chansons traitent souvent de la vie quotidienne.

La Timba utilise tous les registres de la culture et de la musique cubaine ou d’ailleurs afin d’innover et de surprendre. Nombreux sont les morceaux où l’on peut ressentir le rythme Pilón, un bout de Conga, un Mambo à la Pérez Prado, un passage de pur Guaguancó, un détour par un Danzón ou un Cha Cha Chá ou encore une rythmique de Reggaetón. Tous trouvent leurs racines profondes dans le Son ou le Son Montuno.

La structure d’une Timba est composée d’un enchaînement de sections qui ont chacune une fonction spécifique :

  • l’exposition, une brève section qui donne un aperçu de la chanson. Souvent employée dans les concerts, on retrouve parfois cette partie sur certains enregistrements. En général, une phrase ou le refrain est joué afin d’avertir les danseurs de ce qui va venir ;
  • l’introducción (introduction), une section instrumentale qui fait intervenir les trompettes et/ou les claviers ;
  • le cuerpo (corps), tema (thème) ou melodía (mélodie), le chanteur soliste expose le thème au début de la chanson. Son récit est ponctué d’accents joués par les cuivres. L’intensité musicale de cette partie souvent très mélodique est modérée.
  • le puente (pont), brève transition instrumentale menée par les trompettes entre le cuerpo et la suite du morceau ;
  • plusieurs montunos qui contiennent un coro ou estribillo (section de question/réponse entre le chœur ou coro et le chanteur soliste qui improvise le guía ou pregón. C’est souvent cette section qui détermine si une chanson va devenir un hit) et un mambo (partie instrumentale jouée par la section de cuivres. Cette partie est plus énergique) ;
  • le motivo, section qui, si elle est jouée, permet de faire la transition vers un tumbao (rythme) particulier, en général jouée à l’unisson entre la main gauche du pianiste et le bassiste ;
  • le solo qui permet de mettre en avant un instrument, avec ou sans chœur ;
  • la champola, mambo particulier pendant lequel les cuivres jouent des lignes mélodiques séparées et parfois improvisées ;
  • le breakdown, section jouée plutôt en concert qu’en studio. Tout l’orchestre joue brusquement à un niveau sonore faible, permettant au chanteur soliste d’effectuer une longue improvisation ou de parler aux spectateurs (pour transmetter un message ou pour les inciter à chanter avec lui. Il est fréquent que tout l’ensemble hormis la rythmique de base s’arrête pendant une mesure pour laisser le public chanter) ;
  • la coda, section de conclusion qui rappelle souvent l’introduction.Afin que les musiciens virtuoses puissent s’exprimer pleinement, le tempo de la Timba est un peu plus élevé que celui du Son Montuno. De plus, il y a une tendance générale à accélérer progressivement le tempo tout au long des chansons, que ce soit directement, ou de manière suggérée grâce à une grande fragmentation de la partie de basse, à la perpétuelle et changeante contre-accentutation du piano ou à l’aide tension induite par les harmonies.La clave utilisée est plus souvent celle de Rumba que celle du Son.  Pour accentuer cette complexité rythmique, les musiciens usent et abusent de bloques ou cierres (rythmes joués à l’unisson pour introduire une cassure dans la rythmique et électriser les danseurs) et de ruptures rythmiques (démultiplication du tempo ou renversement de l’accentuation).

Los Van Van est un groupe musical de Cuba, créé par le bassiste Juan Formell
le 4 décembre 1969,

Salsa
Elio Revé avec Juan Formell à la basse – 1968

 

salsa
Le premier EP 4 pistes de Van Van (début 1969)

 

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Juan Formell

influencé par de nombreux styles musicaux notamment la pop, ancien membre de l’orchestre d’Elio Reve, qui sera rejoint par un autre membre de cet orchestre, Cesar “Pupy” Pedroso.
La structure de base du groupe est celle de la charanga, mais modernisée avec l’ajout de trombones, guitare et basse électrique, synthétiseur et batterie.
Changuito, percussionniste du groupe, a inventé le rythme appelé songo qui évoluera vers la timba, qui est le principal style musical que joue actuellement Los Van Van.
José Luis Cortés (“El Tosco”) après avoir quitté Irakere a rassemblé un groupe de musiciens fortement doués, NG La Banda. Après avoir expérimenté différents genres, y compris le latin jazz, pendant plusieurs années, ils enregistrent ce qui est considéré comme le premier album de timba, En la calle, en 1989.
Dans la chanson Esto te pone la cabeza mala, Los Van Van énoncent une partie des rythmes qui ont influencé la timba : timba con rumba y rock, mambo con conga y pop, salsa con mozambique, y clave de guaguanco; cumbia y congas con swing, songo con samba y beat, merengue con bomba y son, y clave de guaguanco…

Une autre particularité de Juan Formell dans son travail de compositeur est qu’il écrit la musique en premier et ensuite met les paroles dessus. Cela lui permet de réfléchir plus facilement à ce qu’il crée, car ce n’est pas la même chose d’écrire de la musique pour danser, ce qui n’est pas écouté autant que la chanson. Mais il y a plus.
De ses premières compositions: La Candela , Felicítame et El Guararey de Pastora , Formell a un souci permanent de mettre à jour le son de Los Van Van, sans affecter la dynamique requise par le danseur. En tant que créateur, il a cultivé le changüí-shake, shake, songo-changüí, songo, la Canción, son, conga-son, palo-son.

Beaucoup d’artistes de timba admettent aisément qu’ils ont été plus sous l’influence du funk, de la musique soul ou du jazz-rock que de la salsa. Ainsi, des groupes comme La Charanga Habanera ou Bamboleo ont souvent des cuivres ou d’autres instruments jouant des riffs d’Earth, Wind and Fire, de Kool & The Gang ou d’autres groupes américains de R’N’B ou de funk.
Beaucoup d’innovations ont été faites dans la façon de jouer, particulièrement sur la basse (avec des éléments de funk et de rhythm and blues), le piano (avec des éléments de musique classique comme Jean-Sébastien Bach), les cuivres (des fugues ou d’autres dispositions complexes) et le rythme de la clave. Il y a d’autres différences avec la salsa comme le changement fréquent entre les modes majeurs et mineurs, les rythmes fortement complexes (souvent basées sur la santeria ou des rythmes abakuà), les changements dans la vitesse et le grand nombre de break’s, pauses orchestrées, ou bloques.
Les paroles comportent souvent des expressions ‘Lucumí’ (le Yoruba cubain, utilisé presque exclusivement dans un contexte religieux), des référence à la santeria, et contrairement à la salsa, elles font rarement des revendications sociales ou politiques (elles sont souvent sous-entendues), en partie à cause des circonstances politiques de Cuba. Elles sont souvent à double sens.

Rédigé par Mauricio – Sources et remerciements : Barbara Balbuena ; Waxer Lise; Fabrice Hatem ;Leonel Rogier; Juliensalsa -A noté que l’article “Timba” sur Wikipédia, a été plus qu’inspiré par cet article !

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